28/02/2007"Ich bin der Welt abhanden gekommen..."
Ce soir, un lied de Mahler et de Rückert et penser à aujourd'hui. Une journée singulière. Pour moi seul , bien sûr.
Les mêmes interrogations, les mêmes fuites auxquelles faire face. Sans précipitation , programmer une issue. La rêver , la cajoler, savoir qu'elle reste une possibilité. Un horizon plus ou moins lointain mais toujours accessible. A portée d'acte.
Etat des lieux quotidien: J'ai oublié hier. J'ignore aujourd'hui. Je repousse demain au surlendemain. Epitaphe ordinaire. A graver sur ma peau avant de la brûler!
J'ai reçu un message touchant d'un lecteur de GA. Je n'ai pu répondre à cause d'une manipulation hasardeuse de ma part.Je ne suis pas vraiment très intuitif en ce qui concerne les petits aspects techniques du site. Plus tard dans la journée je pense qu'il me reviendra. Et j'y répondrai.
Et puis j'ai décidé d'aller au cinéma. Comme un défi. Cela peut faire sourire mais je n'avais pas mis les pieds dans une salle depuis des lustres. Il y a du mieux sporadiquement, pourtant cela reste difficile.
"Das Leben der Anderen" est incontestablement un de ces beaux films qui ravivent la foi en l'homme. Chronique d'une rédemption non annoncée qui bouleverse un peu trop l'humaniste caché en moi. Cette "Sonate für des guten Menschen", si elle ne possède pas les qualités habituelles qui me séduisent le plus à l'écran, touche sa cible. A fleuret moucheté. Bien que l'ultime scène fût sans doute inutile pour surligner une émotion déjà si affluante.
Une fois dans le métro , pour mettre à distance -toujours mettre à distance, n'est ce pas- la mélopée insistante d'un coeur qui chavire, je reprends une lecture entreprise hier. Et sous mon regard que je voudrais absolument détaché, je lis juste ces lignes:
"Victime...des jugements, des condamnations, celui qui souffre s'enferme pour éviter toute nouvelle attaque. Ressentiments, amertume, solitude, honte, le tout finit par sécréter une carapace bien solide qui achève d'atrophier la sensibilité. Protège-toi! Blinde-toi!, voilà le cri du coeur du meurtri [...].Dans ma forteresse vide, imperméable à la tendresse, je demeure insensible à la blessure. A trop vouloir fuir la méchanceté, la cruauté..., je me coupe de l'affection, d'un réconfort. En me protégeant à l'excès des regards qui condamnent et humilient, je finis aussi par fermer les yeux qui aiment."
Résoudre sans dissoudre.
Toujours ce foutu mode d'emploi. Aux abonnés absents.
26/02/2007E strano! Cessarono gli spasimi del dolore...
...mais la peur est là, tapie sinon tenace. Sans objet. Elle se suffit à elle même, la camarde! Comment lui tordre sa pitoyable arrogance. Méprisable.
Je veux et je dois sortir de ce tunnel, de ces quatre longues années à ne même pas me donner la peine de tergiverser. Et je hurle que je n'ai pas le mode d'emploi.
Ce matin je me suis éveillé le coeur éclaboussé de tendresse pour les êtres et les choses et je voudrais leur dire, sans les effrayer que j'ai effectué la levée d'écrou, tout seul! Aucun juge ne m'a libéré...j'ai fraudé et je saute le mur. Puissai-je ne pas frauder avec moi-même! Et je ne sais pas si je vais pouvoir aller bien loin de ma prison. N'ai je pas développé un pseudo syndrome de Stockolm face à mes geoliers si prévenants. Les jambes ne se déroberont-elles pas lorsque je me lancerai dans ma course d'évadé? Comment crier et convaincre que la sentence de mort que je m'étais infligée ne peut pas se commuer en perpétuité, non plus.
Mais où cela peut-il me conduire?
Ce matin, depuis bien longtemps, j'ai ouvert la porte sur le jardin. Les ronces et le désespoir l'ont envahi. C'était si confortable cette végétation folle qui, en plus d'empêcher les autres d'entrer, me promettait à terme l'impossibilité de sortir. Je me suis muni de quelques outils rudimentaires et j'ai commencé à trancher dans le vif. Mais l'angoisse ne cède pas. Elle me nargue, s'estompe un instant pour mieux déferler. Elle a des millénaires de stratégie à son avantage. Je voudrais grandir et être mort tout à la fois. Simple avatar ou métamorphose. Quatre années! Quand je l'affronte en face , je me hais. Je n'ai manqué à personne. Je n'ai manqué qu'à moi-même. Et je ne me suis pas raté.
Ce matin , en une demie heure -internet sert à quelque chose- j'ai réservé un avion, un hotel, une place au Met, etc . New -York en avril.
Je me demande singulièrement si la raison ne m'abandonne pas. Et de toutes manières , l'éventualité de reculer au dernier moment installe tranquillement les premières fondations de son nid. Les coucous ont un sens bien à eux pour savoir où déposer leur oeufs. Dans un petit coin inaccessible de mon cerveau. Insidieusement, bien sûr.
J'en viendrai à bout. Et si on peut stériliser les oeufs de pigeons, je suis certain que les coucous n'échapperont pas à l'hécatombe ;-)
Finalement la colère, c'est peut-être le chemin qui mème le plus sûrement à l'apaisement. Je suis épuisé...alors, pour aujourd'hui, j'inflige trois point de suspension à mon enthousiasme séditieux, le bien nommé.
25/02/2007Kuda Kuda, Kuda Vi Udalilis"Premier jour du premier blog de mon existence..."
Par le plus grand des hasards, au rebond d'un lien googlesque, j'ai découvert ce site dont j'ignorais, à l'instar des autres du même genre, sinon l'existence, du moins l'intérêt. Je m'y suis inscrit dans un état quasi hypnotique, sans réelle conscience. Puis je l'ai parcouru avec ce détachement protecteur qui est souvent le mien jusqu'à ce que ce même hasard me joue un de ses tours : celui qui m' a conduit vers deux "blogs" que j'ai lus dans leur intégralité. Comment l'exprimer sans tomber dans le pathos?... J'ai achevé ma lecture ravagé, poignardé, là, au plus profond de ce coeur que je croyais avoir lâchement abandonné au fond d'un cul-de-basse-fosse. Indiciblement blessé. Salutairement bousculé. Presque décidé à évincer dès lors l'agitation ou la torpeur, face et revers de la même médaille, qui rythment mes jours et mes nuits depuis bientôt quatre années.
C'est arrivé à ce point précis qu'il me faut avouer que depuis tout ce temps je vis tel un chartreux entre mes quatre murs. La comparaison s'arrête ici, je n'ai aucune propension à la méditation gnostique...un défaut sans doute. Mes seuls contacts avec l'extérieur se résumant à l'exigence professionnelle de délivrer vaille que vaille de supposés cours à un auditoire captif par la force des choses et non par choix délibéré.
Sur la partition que j'écris le dièse de mélancolie envahit les portées quelques soient les clefs.
Il y a moins d'un an, par un froid Dimanche soir d'hiver, j'ai accompagné jusqu'au bout du bout un être cher. Lorsque tout fut accompli, tel un robot j'ai quitté cette clinique familière puis je me suis effondré au fil des kilomètres qui me ramenaient à ma cellule. C'était sur moi que je pleurais et je crois bien que je ne me le suis pas encore pardonné. Impardonnable.
Ce n'était que l'aboutissement, pour ne pas dire la fin d'un processus entamé depuis quelques années et qui venait me confirmer, après de bien pires errances encore, que je n'étais pas fait pour ce monde. Je ne lui en veux pas , au monde: la faute ne lui incombe en rien. J'avais simplement cette pénible lucidité que "la fatal pietra" se refermait en osant enfin son bruit le moins hypocrite. Et aucun Radamès, aucune Aida (à la limite extrême) pour partager mon sort.
Depuis ce temps et jusqu'à l'instant je n'en ai jamais parlé dans mon entourage. A personne. J'avais trop intégré l'idée que je n'en avais pas le droit. "Never explain, never complain". Ne pas courir le risque d'ennuyer. Ce n'est pas une forme de courtoisie desespérée, juste le seul moyen d'éviter une meutrissure redoublée. Encore plus. L'expérience, cela sert!
De là à ouvrir un blog. Quelle étrange idée , me connaissant comme je me vois. Plutôt circonspect le bonhomme sur ses capacités dans ce domaine. Je verrai comment tourneront les évènements. J'ignore ce qui m'attend au détour du clavier, j'ignore franchement de quoi je parlerai...puisque tout et rien à la fois me tient à coeur.
Mais sortir de ma réserve risque de prendre du temps et de nécessiter des efforts que je ne sais sans doute plus faire. Réapprendre.
Quant à moi je continuerai, un temps plus ou moins long selon ma force, à parcourir ces pages, ces profils...lire l'arrogance , le mépris, la violence de certains ou le désespoir et pourquoi pas la tendresse des autres. Avec la même volonté de ne pas juger. Etre touché. Simplement. Sincèrement. Com-prendre et lâcher prise. C'est ce que je me souhaite.
Et même si j'ai encore , au tréfonds, l'espoir modeste de trouver quelqu'un qui accompagne mon voyage, je n'en fais cependant pas une quête irrépressible. Lucidité, quand tu nous tiens.
Pourtant, en écrivant ces lignes j'entends le beau duo d'Arabella et de Zdenka avec un Janowitz superlative. "Aber der Richtige, wenn's einen gibt für mich"...toujours ce sale petit espoir qu'une note , un legato soyeux réussit à faire vibrer ;-)
Dommage que je ne sache pas mettre en ligne un petit Mp3, mes capacités en maniement informatique sont légendaires.
Je partage avec vous ce premier plongeon dans l'univers inconnu des blogs. Je ne sais pas ce qu'il en sera pour les prochains. Y en aura-t-il d'autres, au demeurant?
C'est à toi, A., que je dédie ce premier post. Du fond de mon âme.  |
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